Aïon story

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    Inkurias
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    Re: Aïon story

    Message  Inkurias le Mar 22 Déc - 18:31

    coucou Smile

    Prends ton temps Vel.

    Bizz à Fafa en passant, c'est quand tu veux que tu reviens Smile


    ++
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    Faelyn
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    Re: Aïon story

    Message  Faelyn le Mar 22 Déc - 19:27

    Ouai gros bisous tt le monde Sad J'ai encore un partiel demain et après on part une semaine à Paris donc on se verra qu'en Janvier mes loulous Sad(( Ca me soule je vais être hyper décalée par rapport à vous on pourra plus rien faire ensembles ! Ouinnnnnnnnnnnnnn !!! Crying or Very sad



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    Inkurias
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    Re: Aïon story

    Message  Inkurias le Mer 23 Déc - 13:27

    coucou Fae Smile

    T'inquiete pas pour le décalage, il est pas si énorme que cela.

    Kiss.

    wolffire
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    Re: Aïon story

    Message  wolffire le Mar 5 Jan - 16:46

    wai , moi c' est pareil je suis un lvl35 enraciné!!! la crise Sad
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    Re: Aïon story

    Message  Inkurias le Mar 5 Jan - 17:15

    finalement sur le retard, tout est relatif, si tu t'enfermes pendant une semaine, tu peux nous rattraper à l'aise...

    Ink 41
    Lulu 42
    Klah 40 (je crois)
    Gkro 42
    Knew 39
    Red 43 (bientot 35 avec son chasseur)

    Wolf, j'ai peu etre la solution, tu te fais hacker ton compte et tu gagnes 4 levels en deux jours ;p

    Bizzzzz

    wolffire
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    Re: Aïon story

    Message  wolffire le Lun 11 Jan - 16:05

    bon red , il faut que tu choppes mon compte et que tu le ponces :p
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    Inkurias
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    Re: Aïon story

    Message  Inkurias le Mar 26 Jan - 17:09

    reviens du Mexique déjà Rolling Eyes
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    Re: Aïon story

    Message  Velorak le Lun 8 Fév - 20:52

    Voilà la suite tant attendue (enfin j'espère).
    Contrairement à ce qui était annoncé, ce n'est pas l'épisode final (ce dernier étant en cours d'écriture à l'heure où j'écris ces lignes).

    En souhaitant que ça vous plaise toujours autant. Very Happy
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    Velorak
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    Re: Aïon story

    Message  Velorak le Lun 8 Fév - 20:52

    La pluie battante mêlait ses gouttes au sang qui se répandait entre les pavés crasseux de la rue. Khalell avait perdu le compte des jours qui s’étaient écoulés depuis la fin tragique de sa femme.
    Tout ce qu’il pouvait encore percevoir à travers les brumes du mauvais alcool qu’il avait ingéré toute la nuit étaient les coups répétés que lui administrait cette bande de voyous alors qu’il gisait sans défense, la tête dans le caniveau.
    Peu avant, une dispute avait éclaté au sujet d’un verre que Khalell avait refusé d’offrir à trois inconnus.
    Ils étaient entrés dans la taverne en braillant comme des veaux afin que tous les clients présents puissent les remarquer puis s’étaient installés sur des tabourets de chaque côté d’un Khalell avachi sur le comptoir alors qu’il entamait sa deuxième bouteille de tord-boyaux. Ils étaient jeunes, laids et visiblement limités intellectuellement.
    Velorak, le tenancier qui était devenu le meilleur ami de Khalell depuis que ce dernier avait grandement contribué à l’augmentation de son chiffre d’affaire, regarda d’un œil mauvais ces perturbateurs aux cheveux hirsutes peints à l’aide de pigments bon marché. Les loups qu’ils arboraient sur les yeux les désignaient comme étant des sympathisants des révolutionnaires lépharistes. Habitué à ce genre de situation, Velorak attrapa la masse d’arme cachée derrière une rangée de verres impropres et se tint prêt.

    - Ça va mon gars ? demanda faussement celui qui se tenait à la droite de Khalell. Un gaillard comme toi qui peut s’avaler deux bouteilles peut bien offrir un verre à de pauvres assoiffés comme mes amis et moi…

    Mais plutôt que de répondre, Khalell se contenta de regarder le moucheron mort flotter à la surface de sa boisson.

    - Dis donc l’ami, surenchérit celui de gauche en passant son bras autour des épaules de l’ancien guerrier, tu entends pas quand on te cause ou t’es sourd ?

    Khalell observa le reflet du troisième larron qui venait de se placer dans son dos. Même avec autant d’alcool dans le sang, il n’était pas difficile de déchiffrer ses intentions sur son visage bouffi couvert par quelques mèches mauves de ce qui voulait sûrement se prévaloir comme étant une coupe de cheveux à la mode.
    Posant quelques kinahs sur le comptoir pour régler sa note, Khalell descendit de son tabouret dont le rembourrage pouvait faire concurrence à la chevelure des trois idiots, salua de la tête Velorak et se dirigea enfin vers la sortie de l’établissement. Evidemment, les autres le suivirent.
    Il marcha quelques pas dans une rue parsemée de nids de poules puis se retourna vers les trois parasites alignés en rang d’oignons.
    Sa vieille tunique marron, seul vestige de son équipement vendu pour se saouler, fut rapidement trempée par l’averse mais même le froid liquide ne parvenait pas à effacer son ivresse. Khalell examina vaguement la situation et fut pris d’une hilarité soudaine.

    - Un duel sous la pluie… vous ne trouvez pas ça un peu surfait, les mioches ?

    Cheveux mauves sortit un poignard de derrière sa ceinture pour menacer ce qu’il croyait être une victime facile.
    - J’vais te crever sale clodo !
    - Essayes toujours, se contenta de répondre Khalell en haussant les épaules.

    L’attaque du gamin était prévisible et maladroite. Le daeva n’eut aucun mal à l’esquiver et, dans un même élan, lui attrapa le bras armé qu’il tordit jusqu’à le rompre. Alors que la lame tintinnabulait en rebondissant sur le sol, Khalell donna un coup de poing qui expédia son agresseur loin de lui. Le gamin se tint le visage, chancela puis s’écroula inerte aux pieds de ses amis. Ceux-ci virent avec effroi que le coup avait brisé la mâchoire de cheveux mauves pour décrire un angle improbable. Ils reculèrent de deux pas, hésitèrent puis se mirent à siffler de toutes leurs forces. Bientôt, telle une nuée de cafards, des dizaines d’acolytes émergèrent des rues adjacentes, tous équipés d’armes contondantes allant du gros caillou au lourd gourdin de bois hérissé de piques de métal. Ils ne tardèrent pas à encercler Khalell pour se jeter sur lui telle la misère sur le monde.
    Le reste fut un lynchage en règle.
    Rendus hystériques par le sang versé, tous voulurent participer quittes à frapper sur leurs partenaires pour se frayer un passage.
    Mais alors qu’il sentait sa vie lui échapper, Khalell sourit à l’idée de bientôt pouvoir rejoindre Faelyn.
    Tout à la sérénité que lui procurait cette perspective, il ne se rendit pas compte que les coups avaient cessé.
    Puis, une paire de bottes entra dans le champ de vision de ses yeux tuméfiés. D’autres pieds étaient alignés de part et d’autre mais Khalell n’eut pas la force de tourner la tête pour tous les compter.

    - C’est comme ça que tu t’éclates, amigo ? demanda Klahos en s’accroupissant lentement.
    - Par Aïon ! Mais dans quel état ils t’ont mis !

    Quelques secondes furent nécessaires à Khalell pour reconnaître la petite voix pleine d’appréhension de Lutancia.

    - Wolfire ! Viens ici mon grand ! Amène-le dans… dans cette taverne là-bas, s’il te plaît !

    Deux pensées traversèrent l’esprit de Velorak quand il vit un géant d’acier foncer vers lui avec un corps sur les épaules alors qu’il s’apprêtait à fermer son établissement : la première fut qu’il allait mourir, la deuxième fut qu’ainsi il ne serait plus obligé de supporter sa matrone et son ingrate progéniture…

    Le feu de cheminée emplissait la salle commune d’une douce torpeur.
    Avachi sur le tabouret qu’il avait laissé quelques temps auparavant, Khalell ressemblait à une momie alors que Lutancia finissait de panser ses blessures.

    - Tu cicatrises drôlement vite ! s’étonna-t-elle en vérifiant une énième fois les bandages. Et dire qu’il y a à peine vingt minutes on t’aurait cru à l’article de la mort.
    - Pour ce que ça me sert…

    Tous le dévisagèrent longuement mais ce fut Inkurias qui laissa éclater sa colère le premier. Il dépassa Gkronos pour se planter face à Khalell tout en le menaçant du poing.

    - Mais à quoi joues-tu en fait ? Ça fait des jours qu’on te cherche partout et toi, tu es là à t’enivrer et à te laisser tabasser par des mioches à peine plus dangereux que des crynaks !

    Se tournant vers Gkronos, il ajouta en levant les bras au ciel :

    - En fait, je ne comprends même pas pourquoi on se fatigue après ce qu’il t’a fait…

    Sans se soucier le moins du monde de la diatribe acerbe du templier, Khalell se pencha en geignant par-dessus le comptoir pour attraper une bouteille dont il fit sauter le bouchon d’un pouce expert. Il trinqua en direction du tenancier qui se grattait négligemment la bedaine puis laissa couler le liquide amer entre ses lèvres fendues.
    La réaction d’Inkurias devant un tel manque de respect fut violente mais prévisible. Khalell avait agi ainsi pour le provoquer et en cela ne fut pas déçu. Il bloqua le poing du templier de sa paume ouverte et se servit de l’ouverture créée pour lui administrer un coup de pied magistral dans les parties intimes. Alors qu’Inkurias s’écroulait dans les bras de Lutancia venue à son secours, Khalell se pencha sur son tabouret en plaçant sa bouteille entre ses genoux.

    - Vous me voulez quoi en fait ? fit-il à l’attention de Gkronos. Pourquoi vous me courez après comme des chiens derrière une saucisse ? Vous ne pouvez pas me foutre la paix ?

    Loin de se départir de son calme, le clerc observa les bandages du guerrier qui étaient parsemés de tâches écarlates là où les plaies s’étaient rouvertes.

    - Il n’est pas dans ma conception des choses de laisser l’un des nôtres dans la détresse, nous sommes venus pour…
    - « L’un des vôtres » ? interrompit Khalell de plus en plus agacé. Ça veut dire quoi « être des vôtres » à part boire des pintes autour d’une table en se touchant joyeusement ?

    A son tour, Wolfire laissa exprimer son ire. Un camouflet de la sorte ne pouvait rester impuni, il en allait de son honneur. Toujours dans les limites de son sens élastique des proportions le géant chargea en hurlant, sa guisarme tenue au dessus de sa tête arrachant des pans entiers de plafond. Mais au moment de frapper, il fut arrêté par la main de Gkronos.

    - Nous n’avons plus le temps pour ce temps de démonstration virile.

    Comme s’il avait reçu un seau d’eau glacé au visage, Wolfire recula au fond de la pièce en râlant comme un enfant que l’on venait de rabrouer.

    - Khalell, ce que tu penses de nous importe peu. Ce qui compte en l’instant est qu’il ne reste que trois jours pour innocenter Klahos et tout autant pour sauver ta femme.

    Abasourdi par ces paroles, Khalell laissa tomber sa bouteille dont le contenu alla se déverser entre les lattes de bois du plancher.

    - Tu m’avais dit qu’il n’y avait rien à faire pour elle…
    - Je t’ai dit que « je » ne pouvais pas la sauver, en aucun cas que cela était impossible. Si tu ne m’avais pas brisé le cou, j’aurais pu t’expliquer cela plus tôt.

    Pour la première fois depuis ce qui lui parût des siècles de noirceur, une étincelle s’alluma dans le cœur du guerrier.

    - Et comment procède-t-on ? voulut-il savoir avec empressement.
    - Je connais une personne spécialisée dans ce genre de sortilège. Es-tu prêt à nous suivre, Khalell ?
    - Jusqu’aux tréfonds des abîmes s’il le fallait.
    - Tu ne crois pas si bien dire…
    - Moi j’ai une question, s’autorisa Lutancia alors que tous se préparaient à quitter les lieux, qu’as-tu fait de Faelyn ?
    - Elle repose dans une crypte au Sanctum, répondit Khalell. Je lui ai payé une dernière demeure digne d’une reine avec l’argent que j’avais extorqué à un shugo…
    - C’est parfait ! s’exclama Gkronos. C’est exactement là où nous nous rendons.

    Quittant les uns après les autres la taverne dont le nom « Au joyeux Porgus » était le pâle reflet de la crasse qui s’accumulait de partout, Klahos fut interpellé par un Velorak passablement énervé.

    - Eh toi, le gamin avec la couette ridicule ! Qui va payer pour les dégâts au plafond ?

    Klahos examina un instant les échardes de bois qui tombaient de la balafre au dessus de lui puis fouilla dans ses poches d’où il tira une piécette d’argent frappée de deux serpents enlacés qu’il posa sur le comptoir.

    - Tenez mon brave. Ceci devrait largement pourvoir aux désagréments matériels causés à votre si charmante officine.

    Velorak ne sut quelle attitude adopter devant le ton volontairement obséquieux de l’inconnu mais il se saisit tout de même de la pièce qu’il examina méticuleusement.

    - Mais c’est quoi cette merde ? cracha-t-il avant devant de jeter rageusement l’objet à travers la salle.
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    Re: Aïon story

    Message  Velorak le Lun 8 Fév - 20:53

    Les allées du Sanctum grouillaient d’une activité frénétique en cette matinée radieuse. Partout, des gens de tous milieux discutaient, achetaient ou déambulaient pour le simple plaisir de se retrouver parmi les leurs. Il était parfois déstabilisant de constater que dans l’enceinte de cette cité la guerre ne semblait pas y laisser courir ses miasmes nauséabonds. La douce lumière émanant de la demeure des seigneurs empyréens baignait chacun dans une douce béatitude salvatrice.
    Personne ne jeta de regards railleurs ou ne fit de moues dégoûtées en croisant ce daeva crasseux couvert de bandages tâchés de sang. Personne ne se moqua de lui alors qu’il avançait au milieu de ce groupe hétéroclite de héros. Personne ne désirait agir ainsi car au-delà des apparences, tous pouvaient lire en lui une assurance et une détermination sans faille.
    Soudain, un enfant percuta Khalell en voulant échapper à sa grande sœur. Ses petits yeux juvéniles croisèrent ceux de l’adulte et ils se sourirent mutuellement. Puis, ils entendirent un cri strident provenant de la harpie en culottes courtes.

    - Ichigo ! Reviens ici ou je dis tout à maman !

    A ces mots, le petit garçon aux cheveux d’automne se crispa et, une insupportable supplique dans le regard, serra le pantalon décousu de Khalell. Ce dernier s’agenouilla pour poser une main réconfortante sur les frêles épaules du garçonnet. Seul Aïon sut ce qui se passa entre eux alors qu’ils semblaient figés dans un moment de communion. Pas un mot ne fut échangé mais lorsque Khalell reprit sa route, le petit Ichigo se tourna vers sa sœur avant de s’avancer dans sa direction le torse bombé en une attitude de défi.
    Quelques minutes plus tard, le groupe se retrouva devant un magasin aux allures de décharge publique. Répandus à même la chaussée de manière totalement anarchique, une foule d’objets couverts d’un linceul de poussière attendaient de trouver acquéreur. Mais d’après ce que l’on pouvait constater de leur état, ils risquaient d’attendre encore longtemps.
    Khalell faillit trébucher sur un chat noir sorti d’une jarre moisie alors qu’il lisait le panneau au dessus de l’entrée de la boutique. Suspendu par un quelconque miracle à une chaînette rouillée et fixé au mur par un vieux clou pourri, ce rectangle de bois vermoulu annonçait : « Chez Tiel. Antiquités et articles exotiques ».
    D’un point de vue objectif il n’y avait nullement tromperie sur la marchandise, le magasin en lui-même étant une relique décatie.

    - Je vous laisse là, déclara Lutancia. Je vais en profiter pour faire des courses, vous aurez sûrement très faim en revenant ce soir…
    - Tu ne viens pas avec nous ? s’étonna Gkronos. Tu sais bien que tu es sa petite protégée, il adore quand tu lui rends visite.
    - Je sais mais je n’aurais plus le temps après. En plus, vous n’avez pas vraiment besoin de moi…
    - Comme tu voudras, conclut le clerc en haussant les épaules.

    Personne ne vit l’expression d’intense soulagement qui se peignit sur le visage de Lutancia quand elle leur tourna le dos pour se diriger vers la grande place.
    Alors qu’ils avançaient parmi un univers d’inutilité, Khalell douta que quiconque ici puisse lui être d’une quelconque aide pour sa quête mais Gkronos était persuadé du contraire. Ce sentiment dubitatif s’amplifia lorsqu’ils franchirent le seuil de la boutique pour entrer dans un espace restreint où le bric se disputait au broc. L’air était saturé d’un nuage de particules de poussière souligné par les quelques rais de lumière qui filtraient deçi-delà des volets clos. Khalell n’en revenait pas de voir tout ce que l’on pouvait entasser dans une si petite superficie. Cette contemplation faillit lui coûter un œil lorsqu’il percuta de plein fouet une marmite sournoisement suspendue au plafond. Il reçut l’un des pieds ébréché dans l’arcade sourcilière gauche qui se fendit en deux. Poussant un râle de douleur et de frustration, Khalell porta sa main au visage pour stopper l’hémorragie. Ce fut Klahos qui vint à son aide en lui tendant un petit mouchoir de lin blanc, luttant visiblement pour ne pas exploser de rire devant le malheur de son ami.
    Apprenant de ses erreurs, Khalell considéra chaque chose entreposée ici comme un piège mortel que ce soit un simple set de couverts en argent encore dans son écrin ou le gros tog empaillé qui le fixait d’un air malveillant depuis un sombre recoin de la pièce. Mais de toutes les bizarreries, de tout cet amalgame d’antiquités tenant plus du déchet que d’autre chose, le plus étonnant fut ce qui se tenait derrière la caisse.
    Mesurant pas moins d’un mètre quatre-vingt et portant un bandeau rouge sur un front garni d’une crête blonde, un pingouin les jaugeait du regard en croisant les ailes contre sa poitrine.

    - C’est quoi cette blague ? s’énerva Khalell qui avait déjà fait demi-tour pour s’en aller.

    Mais alors qu’il avait la poignée de la porte dans la main, il fut arrêté par Klahos.

    - S’il te plaît, fais-nous confiance.

    Peut-être est-ce le ton employé ou le sourire sincère de l’assassin mais Khalell finit par se résigner.

    - Salutations Ryugen, fit Gkronos en levant la main droite, le propriétaire des lieux est-il là ?

    Pour toute réponse, le pingouin fit un simple signe de tête en direction d’une porte sur laquelle étaient gravées les inscriptions « Employés uniquement ».
    Chaque membre du groupe le remercia comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle du monde avant de se diriger vers l’issue précédemment indiquée. Seul Khalell fut gratifié d’un regard assassin pour son manque de politesse.
    Gkronos s’arrêta et fit signe à ce dernier d’entrer. Ce ne fut que lorsque la porte fut ouverte que le guerrier remarqua les gravures autour du montant. Elles représentaient une sorte d’arche dont la partie supérieure était légèrement inclinée en U. Khalell reporta son attention sur la pièce qui devait se trouver au-delà mais faillit tomber à la renverse quand il réalisa qu’il se tenait au seuil du vide le plus absolu. Se cramponnant à la poignée, il lutta pour ne pas se faire happer par cette anomalie dans la réalité mais le coup de pied qu’il reçut dans l’arrière train ne lui laissa pas le temps de se stabiliser.
    Sa chute fut vertigineusement courte.
    Lorsqu’il releva la tête, il se trouvait dans un jardinet dont l’herbe grasse était d’une impeccable régularité. Khalell retira sa main gauche du bassin à la surface parsemée de pétales du cerisier trônant majestueusement non loin et regarda les gros poissons qui lui rendirent son air éberlué de leurs yeux globuleux.
    Hilares, Klahos et Inkurias remirent Khalell sur ses pieds pour le mettre face à une maison à l’architecture étrange dont les murs semblaient faits de papier.

    - Mais… où on est ? bégaya-t-il d’incompréhension.

    Une voix chantante lui répondit par delà les paravents.

    - Bienvenue en ma demeure chers visiteurs. Que puis-je pour vous en cette belle journée ensoleillée ?

    Si le ciel n’était pas d’une teinte olivâtre parcourue de rideaux de lumières orangées, l’homme qui se tenait devant eux dans son kimono traditionnel bleu marine aurait presque pu passer pour sain d’esprit.
    Sa chevelure en bataille lui mangeait le visage de mèches argentées alors que ses yeux mi-clos resplendissaient d’une aura ocre à travers la fente de ses paupières. Tout chez cet homme exprimait la sincère amabilité mais aussi une puissance pleinement contrôlée.
    Khalell regarda, incrédule, les autres baisser la tête en signe de respect quand Tiel passa parmi eux. Il les gratifia tous d’un unique geste de la main sur l’épaule puis alla se placer devant la seule personne dont il ignorait tout.

    - Je suis le Mahõtsukaï Tiel, fit ce dernier en s’inclinant. Puis-je connaître votre nom ?
    - Khalell…
    - Enchanté de faire votre connaissance Khalell. Maintenant que les présentations sont faites, accepteriez-vous une tasse de thé afin de m’expliquer plus confortablement le sujet de votre visite ?

    La préparation de ladite boisson dura ce qui sembla une éternité pour Khalell dont les jambes étaient ankylosées à force de rester assis en tailleur autour d’une table pour nains. A défaut, il en profita pour examiner la pièce où il se trouvait et constater qu’à part quelques estampes représentant des paysages inconnus et des idéogrammes incompréhensibles le tout était d’un confort somme toute minimaliste. Dehors, le ciel avait pris une teinte sombre mouchetée de petites étoiles rougeoyantes dont la faible lumière perçait à peine au travers des lucarnes.
    Enfin, une porte coulissa pour laisser entrer une jeune femme aux cheveux de jais coiffés en un chignon élaboré. Elle portait un kimono blanc à fleurs roses maintenu par un large ruban de soie de la même couleur qui lui ceignait élégamment la taille.
    Khalell voulut voir plus en détail le visage de cette inconnue alors qu’elle déposait un plateau contenant des tasses d’un liquide aux flagrances fruitées mais, à chaque fois, elle gardait la tête baissée selon un angle qui empêchait toute curiosité malvenue. Khalell fut tenté d’y voir une attitude tout sauf naturelle, cette petite avait été éduquée à se tenir ainsi.
    Mais où était-il donc tombé ? Cet endroit et ces personnes étranges le mettaient mal à l’aise pourtant quelque chose lui disait qu’il trouverait des réponses en ce lieu. Faisant fi de son impatience, Khalell haussa les épaules et tendit la main pour se servir à boire. C’est à ce moment qu’il reçut une formidable claque derrière la tête qui lui arracha un petit cri aigu mêlé de douleur et de surprise.

    - Ne vous a-t-on jamais éduqué les bonnes manières, mon jeune ami ? demanda Tiel dans son dos.

    Leur hôte avait surgi de nulle part pour corriger Khalell.
    Ce dernier, rendu furieux par l’humiliation, se dressa d’un bond dans l’intention de rosser Tiel mais il fut stoppé dans son élan par le froid contact de la lame d’une dague contre sa gorge. Khalell tourna légèrement la tête pour apercevoir du coin de l’œil un homme dont le visage était caché dans les ténèbres d’une capuche de tissu.

    - Je vous présente Dame Miyako ma concubine et Masamune mon garde du corps, déclara Tiel en s’agenouillant à côté de la jeune femme. Puis-je espérer vous voir vous tenir comme une personne civilisée ou allons-nous devoir poursuivre cette dramaturgie ridicule ?
    - J’ai le choix ? feula Khalell entre ses dents.
    - Assurément pas. Je vais donc prendre cette réponse pour un oui…

    D’un geste de la tête, Tiel intima à son garde du corps de relâcher Khalell qui alla se remettre à sa place tout en fulminant.
    Pendant ce temps, Dame Miyako déposa une tasse devant chacun des protagonistes puis se retira dans un silence qui forçait le respect. Tiel fit un geste pour les inviter à boire mais laissa sa tasse tranquille. Il attendit que chacun ait étanché sa soif avant de parler.

    - Gkronos, de quel sujet souhaites-tu t’entretenir avec moi je te prie ?
    - Mahõtsukaï, je sollicite votre aide pour ce daeva. Il est venu en aide à l’un des nôtres et pour cela il a perdu sa femme et sa divinité.
    - Je ne puis faire revenir les morts des abîmes si c’est cela que tu demandes.
    - Non, sa femme n’est pas morte mais son esprit a été banni par un sortilège qui dépasse mes compétences. De plus, il ne nous reste que peu de temps pour que Khalell puisse honorer sa parole envers le seigneur Spatalos. S’il ne prouve pas que Klahos est innocent d’ici moins de trois jours, il sera mis à mort. Je ne puis admettre cela.
    - Ce que tu peux admettre ou non importe peu en l’occurrence. Mais dis-moi, comment voudrais-tu que je résolve ce problème ? Je ne suis pas omniscient.
    - Avec ceci, déclara avec emphase Gkronos en posant des esquilles d’os sur la table. Il s’agit des restes de la dernière victime du vrai meurtrier de Verteron. Je les ai trouvés sur le gisant de la femme de Khalell lorsqu’elle fut ramenée en ma demeure. Ils sont vecteurs du sortilège mais la mémoire kinesthésique est scellée par un autre sort qu’il m’est impossible de briser. Si vous pouviez la libérer, nous serions en mesure de savoir les derniers instant de la victime ainsi que l’instigateur de toute cette mascarade.

    Tiel prit les débris avec précaution et les porta d’une main à hauteur de ses yeux. Soudain, des flammèches violettes les enveloppèrent mais ne brûlèrent pas les doigts de Tiel qui pourtant en étaient recouverts. Ce dernier observa longuement les formes dansantes du feu magique comme s’il attendait que les vestiges macabres se mettent à lui parler. Finalement, un sourire satisfait se dessina aux coins de ses lèvres.
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    Re: Aïon story

    Message  Velorak le Lun 8 Fév - 20:54

    - C’est fait. A présent, je connais la nature de votre ennemi et ses raisons. Klahos, je vais te demander de porter ces esquilles à Verteron. Maintenant que les sorts de constriction sont brisés, n’importe quel prêtre ou sorcier un tant soit peu compétent pourra y lire les preuves de ton innocence. Masamune va t’accompagner pour assurer ta protection.

    Le garde du corps opina du chef puis se dirigea vers la sortie.
    Sur le seuil de la porte, Masamune fit demi-tour pour signaler à Klahos de le suivre. Il se figea imperceptiblement alors qu’il recevait des consignes télépathiques de Tiel. Masamune regardait fixement son maître quand Klahos le dépassa.
    S’apprêtant à quitter la pièce, Klahos posa la question qui semblait tous leur brûler les lèvres :

    - De qui ou quoi s’agit-il finalement ?
    - Un Kegare…
    - Et merde ! Manquait plus que ça !

    - C’est quoi un « Kegare » ? demanda Khalell dont l’impatience se faisait grandissante. Et pourquoi tout le monde fait cette tronche d’enterrement ? C’est si grave que ça ?

    Il frappa du poing sur la table pour appuyer ses propos et obtenir une réaction de ses compagnons. En vain.

    - Vous allez me répondre à la fin ?!

    Tiel resta silencieux encore quelques minutes avant de se décider à donner des explications à un Khalell fulminant.

    - L’univers que nous connaissons est bien plus complexe que ce que nous pouvons en percevoir. Il existe une multitude de réalités accolées à la notre, toutes régies par des lois qui leur sont propres. Cependant, ces mondes sont interconnectés entre eux pour influer les uns sur les autres de manière plus ou moins subtile. Les Kegare sont des créatures qui vivent sur un plan d’existence qui est l’exact opposé du notre. Là où nous sommes faits de matière, eux n’ont aucune substance.
    - Un peu comme des fantômes ? répliqua Khalell à la volée.
    - Absolument pas. Les fantômes sont des esprits qui ont déjà connu la vie matérielle et ne peuvent s’en défaire pour une quelconque raison. Un Kegare est une négation de la vie, un être non incarné dans un monde de néant. Leur existence n’est justifiée que pour garder un « équilibre cosmique » avec notre monde…
    - Si ces trucs sont sensés rester chez eux à jouer les contrepoids, pourquoi un des leurs s’en est pris à ma femme ?
    - Parce-que je ne suis pas le seul à connaître leur existence. Des sorciers peu scrupuleux n’hésitent pas à les invoquer car ce sont de puissantes créatures. En faisant cela, ils espèrent obtenir un pouvoir leur permettant d’accomplir leurs noirs desseins.
    - Je ne vois toujours pas le rapport avec Faelyn.
    - Si tu arrêtais de me couper la parole, je pourrais peut-être te l’expliquer…
    - Je suis désolé.
    - Je disais donc, reprit Tiel en fusillant Khalell du regard, que les Kegare pouvaient être invoqués. Mais ces êtres ne peuvent survivre dans nôtre monde sans prendre possession du corps d’un daeva. La méthode varie selon le Kegare mais le résultat final est le même : la victime est bannie de son enveloppe charnelle et le monstre peut arpenter nos terres, anathème à la vie telle que nous la concevons.

    Tiel hésita ensuite à continuer son discours ne sachant pas exactement comment aborder la suite sans provoquer un drame. Il se tourna vers Gkronos à la recherche d’un quelconque soutien. Le clerc comprit la situation et, à contrecœur, décida de poursuivre.

    - Les Kegare ne peuvent pas être détruits. Si son hôte venait à mourir il retournera à son plan de réalité en attendant qu’un autre imbécile lui ouvre les portes de notre monde. C’est pour cela que notre groupe a été fondé. Nous, les Erinyes, sommes là pour veiller à ce qu’aucun d’entre eux n’y parvienne.
    - Malheureusement, coupa Tiel, Atreïa est vaste et nous ne pouvons surveiller l’ensemble du globe. Comme tu viens de le voir, un sorcier a réussi à invoquer un Kegare sans que nous ne le sachions.
    - Et il a choisi de s’installer dans le corps de ma femme ! s’insurgea Khalell.
    - Initialement, non. De ce que j’ai pu voir, c’était Klahos qui était visé. La série de meurtre était un plan machiavélique pour le condamner. Le châtiment que Spatalos voulait lui infliger aurait permis d’obtenir un corps d’emprunt à moindre frais.
    - Mais pourquoi Klahos ?
    - Le choix était évident puisque le Kegare invoqué nous est bien connu. Nous l’avons vaincu une fois déjà. Il se fait appelé le « Dévoreur ». Ta compagne et toi avez été mêlés par hasard à une vengeance fomentée contre notre groupe. Pour avoir voulu sauver Klahos, vous avez obligé le monstre à se rabattre sur un corps de substitution. Ta femme en l’occurrence. Je suis désolé.

    La table vola à travers la pièce pour traverser l’un des murs de papier et s’écraser au milieu du jardin. Khalell se tenait aussi droit qu’une statue, chaque parcelle de son corps tremblant d’une rage à peine contenue. Lorsqu’il avança vers Tiel, tous pouvaient lire les intentions meurtrières qui brûlaient dans ses yeux.

    - Toi et ta bande de guignols… feula-t-il. C’est de votre faute si ma femme est morte…

    Sans rien ajouter de plus, Khalell bondit sur Tiel trop vite pour que les autres puissent réagir mais il fut stoppé net par un enchevêtrement de fils dorés qui le paralysèrent telle une mouche au centre d’une toile d’araignée.

    - Je comprends ta colère, fit Tiel en abaissant sa main encore auréolée de puissance magique, mais nous n’y sommes pour rien. Tout ceci n’est que le fruit d’un regrettable concours de circonstances.
    - Garde tes excuses pour toi ! Je vais tous vous crever !

    Loin de se laisser déstabiliser par tant de frénésie, Tiel s’accorda un léger rire moqueur.

    - Je vais finir de t’expliquer de quoi il en retourne et après cela, tu pourras choisir de déployer ou non tes faibles moyens contre nous.

    Khalell écumait de rage mais il ne pouvait se dégager de ses entraves malgré l’adrénaline qui décuplait ses forces et ceci, Tiel le savait très bien. Il le laissa s’acharner un moment sur les liens magiques tout en buvant une tasse de thé puis décida enfin à reprendre son récit.


    Dire que l’accueil que reçurent Klahos et Masamune lorsqu’ils franchirent les portes de Verteron fut aussi glacial que le vent du nord sur la banquise était un doux euphémisme.
    A bien y réfléchir, Klahos ne put en vouloir aux habitants de la cité de les fusiller du regard alors qu’il était encore sous le coup d’une accusation de meurtre et que son compagnon ressemblait à la divinité morbide d’un culte aujourd’hui presque oublié. Klahos se considérait comme un professionnel et par ce qu’il pouvait en juger, Masamune n’était pas non plus un débutant. Malgré son apparente assurance, chacun de ses muscles était tendu à l’extrême dans l’éventualité où il aurait besoin de se défendre. Sous son ample manteau noir dont la capuche lui recouvrait entièrement le visage, Masamune devait au moins posséder une épée à la ceinture et plusieurs poignards mais Klahos se doutait qu’il cachait d’autres surprises létales.
    Le duo s’arrêta enfin devant les portes de la demeure du seigneur Spatalos. Les deux gardes en faction croisèrent leurs lances pour leur bloquer le passage. Le message était très clair, ils n’étaient pas les bienvenus.
    Masamune s’avança alors d’un pas lent pour se poster devant le garde de droite assez près pour que ce dernier ne puisse utiliser correctement son arme.

    - Nous avons à faire avec ton maître, murmura-t-il.

    Sa voix n’avait aucune intonation et n’exprimait qu’une profonde neutralité. Cette absence de sentiments avait de quoi vous glacer les sangs.

    - Le seigneur Spatalos ne désire point s’entretenir avec vous, répondit le garde avec un léger trémolo témoignant de son manque de confiance. Repartez d’où vous venez immédiatement !

    La réponse qui fut faite à cet ordre surprit tout le monde y compris Klahos.

    - Tu viens de tous vous condamner, je suis désolé…

    L’attaque fut portée à la vitesse de l’éclair et avec une rare violence. Le garde ne comprit qu’il était mort que lorsqu’il posa les yeux sur l’épée qui venait de lui traverser l’abdomen pour le clouer au mur comme un vulgaire papillon.
    La pointe de la lance du garde survivant passa à quelques centimètres du visage de Masamune lorsqu’il l’esquiva.
    L’assassin fondit sur son adversaire tel un grand félin en sortant deux dagues de sous son manteau. Le premier coup fut porté de la main gauche, Masamune fit tourner sa lame pour la tenir à l’envers et l’enfonça dans la hampe de la lance à hauteur du poignet du garde afin de souder le bois et la chair, supprimant ainsi toute riposte éventuelle. Le coup suivant vit la dague restante traverser l’orbite droite du malheureux dans un horrible bruit spongieux. Le daeva cracha un flot de sang, tomba à genoux puis s’écroula sur le côté.

    - Mais pourquoi ? demanda Klahos dont la voix tremblait autant que son corps sous le coup de la stupéfaction et de la colère.
    - Mon maître désire cette stigma et je la lui apporterais même si je dois l’arracher du cadavre de ce Spatalos car telle est ma mission.
    - Nous aurions pu prouver mon innocence sans effusion de sang ! Maintenant ils n’écouteront plus !
    - Ton innocence ne m’intéresse pas, seule la pierre compte… lâcha Masamune en retirant son épée du mur, libérant ainsi le corps du garde qui chuta lourdement sur le sol.
    - Je t’empêcherais de faire plus de dégâts !
    - Nous verrons… fit Masamune en se téléportant à l’intérieur du bâtiment.

    Derrière Klahos, des cris horrifiés retentirent et l’alarme fut donnée. Ce n’était qu’une question de secondes avant que les troupes de Verteron ne rappliquent.
    Sans se retourner, Klahos courut vers l’entrée et se téléporta à son tour dans la demeure mais fut violemment repoussé par un champ de force. Visiblement, Masamune avait tout prévu pour l’empêcher de le suivre.
    Lâchant une bordée d’insultes, Klahos se releva pour examiner l’architecture de la bâtisse. Il se trouva ce qu’il cherchait derrière la haute statue qui trônait au dessus de l’entrée principale. Sur le toit, une petite tour ornée de fenêtres dépassait des tuiles orangées.
    Sans plus attendre, il se précipita et déploya ses ailes au plumage bleu azur.
    Une flèche lui frôla la tempe bientôt suivie de deux autres qui l’obligèrent à se mettre à plat ventre contre la toiture. Il replia prestement ces ailes, osa un coup d’œil en arrière et vit des archers réarmer leurs arcs.
    Klahos rampa vers les fenêtres qui, par chance, donnaient directement sur la pièce où se trouvait Spatalos. Ce dernier était allongé au sol, complètement à la merci de la lame de Masamune. Tout autour d’eux, les corps sans vie de cinq gardes gisaient en désordre au milieu d’une mare de sang. Klahos traversa le vitrage au moment où Masamune se préparait à frapper. Il atterrit lourdement entre les deux hommes, son épée en garde haute parvenant in-extremis à bloquer l’attaque fatale. Celui qui fut pendant une courte période son compagnon recula de trois mètres en effectuant quelques moulinets avec son épée comme s’il voulait en vérifier l’intégralité.
    Klahos remarqua pour la première fois la forme singulière de cette arme.
    Si l’ensemble rappelait un sabre classique, la garde et la poignée en nacre étaient sculptées pour représenter deux serpents lovés l’un contre l’autre mais pourtant se menaçant, leurs gueules grandes ouvertes prêtes à mordre.
    Cependant, ce qui lui donna des frissons d’horreur fut de plonger son regard sur la lame à tranchant unique faite dans un métal noir parcouru de rainures pourpres. Ces veines pulsaient d’une vie propre et chaque battement semblait absorber la lumière à proximité. Klahos reconnut soudain cette épée pour ce qu’elle était.
    Lors de sa formation en tant qu’assassin, ses maîtres lui avaient un jour parlé des armes funestes. Forgées dans les temps anciens par des entités aujourd’hui disparues, elles étaient conçues pour détruire l’essence des êtres qu’elles pourfendaient qu’ils soient mortels ou dieux. En cela, elles étaient le fantasme ultime de tout assassin qui se respecte. Malheureusement, l’utilisation d’une telle puissance finissait par corrompre le porteur de l’arme jusqu’à le transformer de manière irrémédiable en autre chose, ni vivant ni mort, n’appartenant plus vraiment à ce monde. Mais les maîtres de Klahos lui avaient dit que ces armes n’étaient que vieilles légendes. Visiblement, ils s’étaient trompés.
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    Re: Aïon story

    Message  Velorak le Lun 8 Fév - 20:55

    Et, ce ne fut qu’en posant les yeux sur les cadavres autour de lui que Klahos comprit l’ampleur du massacre commis.
    Les hommes et femmes tombés ici n’avaient pas été tués mais anéantis à jamais.
    L’assassin fut tiré de ses pensées lorsque Spatalos lui empoigna l’épaule pour le tourner face à lui.

    - Toi ! feula-t-il en reconnaissant son vis-à-vis.
    - Salut ! fut la seule chose que Klahos trouva à dire dans un demi-sourire crispé. Je ne vous demande pas si ça va…
    - Ceci est ton œuvre, meurtrier ! Tu as trouvé des renforts pour finir le travail, sale rat ! hurla Spatalos au bord de l’apoplexie.
    - Mais non, crétin ! Je viens sauver tes fesses d’aristocrate !
    - Peuh… Je peux très bien m’en sortir seul !

    Comme s’il n’attendait que cet instant pour agir, Masamune tendit le bras gauche d’où sortit un carreau d’arbalète qui alla se ficher juste au dessus de la rotule gauche de Spatalos, traversant armure et chairs sans distinction. Le daeva s’écroula sans retenue dans un râle de douleur alors que Masamune marchait vers lui.
    Klahos se plaça alors en travers de son chemin, l’épée prête à frapper. Son regard déterminé se riva dans ceux insondables de son ennemi. Il était prêt à faire face à son destin, quel qu’il soit.
    Masamune s’arrêta et pencha la tête sur le côté en un signe d’incompréhension.

    - Ami, si tu te dresses contre moi, tu mourras ici parmi ces daevas qui ont tout fait pour te nuire. Est-ce vraiment ce que tu souhaites ?
    - Si tu savais le nombre de personnes qui m’ont sorti cette réplique minable… fut les derniers mots de Klahos avant qu’il ne passe à l’attaque.

    Son épée virevolta avec grâce et célérité, chaque coup étant d’une précision mortelle. Malheureusement, son adversaire possédait les talents d’un maître escrimeur si bien que quelques minutes de parades mesurées suffirent à épuiser la panoplie de techniques de Klahos. Soudain, Masamune contre-attaqua en passant sous la garde de l’assassin. La lame lui mordit la poitrine pour y laisser une longue estafilade sanglante.
    Klahos fit une culbute arrière pour se mettre hors de portée. Il transpirait déjà à grosses gouttes et sa blessure lui faisait un mal de chien.

    - Ton style est archaïque et prévisible, persiffla Masamune. Ce n’est pas comme cela que tu pourras espérer me vaincre.
    - Tu sais quoi ? répliqua Klahos avec un sourire sardonique, tu me fatigues avec tes grands airs…

    Joignant le geste à la parole, il tira sa deuxième épée et la croisa avec l’autre à hauteur de ses yeux. Aussitôt, les lames furent parcourues d’arcs électriques. Satisfait, Klahos pointa chacune d’entre elles vers le sol, de petits éclairs roussissant immédiatement la pierre dans un son rappelant la craquement du bois d’un feu de camp.

    - Prêt ? interrogea-t-il par pure formalité car déjà il fondait sur son adversaire avec une vitesse démultipliée.

    Surpris par ce retournement de situation, Masamune ne put parer qu’au tout dernier moment l’assaut transversal venant de sa droite mais celui-ci n’était qu’une feinte destinée à ouvrir sa garde pour la véritable attaque qui lui déchira le visage de la joue gauche jusqu’au front.
    Plaçant instinctivement sa main libre sur la plaie pour tenter de contenir le flot de sang, Masamune ne vit pas la passe d’arme suivante qui amena les épées jumelles à lui perforer le thorax de part et d’autre du sternum.
    Klahos retira d’un coup sec ses lames couvertes de fluides épais d’un blanc laiteux et regarda le corps vaincu de son ennemi s’effondrer au sol.

    - Cela aurait pu se terminer autrement, regretta-t-il à voix haute tandis qu’il se dirigeait vers Spatalos qui tentait en vain de retirer le carreau d’arbalète de sa jambe.
    - N’y touchez pas sinon c’est l’hémorragie garantie, rajouta-t-il en prenant une chaise dans ce qui restait du mobilier. Asseyez-vous et restez tranquille.
    - Pourquoi m’avoir défendu ? questionna Spatalos entre deux gémissements de douleurs tout en se laissant choir sur le siège offert.
    - Parce-que je suis un assassin professionnel, je travaille sur contrat et je ne tue jamais d’innocents. Je ne suis pas le fou sanguinaire que vous semblez voir en moi. Je suis venu respecter notre accord et récupérer la stigma de mon ami. J’ai même des preuves de mon innocence.
    - Et lui ? fit Spatalos en pointant du doigt dans la direction de Masamune.
    - Lui aussi voulait la pierre mais au prix du sang. Un boucher nimbé des atours du devoir et de l’honneur. Mais il est mort à présent.
    - Vraiment ? Je trouve qu’il bouge plutôt bien pour un mort.
    - Que… ?

    Le reste de la phrase disparut dans un flot d’émotions contradictoires lorsque Klahos se tourna et vit Masamune se relever lentement en prenant appui sur son épée maudite.
    Une fois entièrement debout, il retira son manteau pour dévoiler un visage barré d’une vilaine cicatrice là où Klahos avait frappé. La plaie s’était refermée de manière anarchique pour former une colline de chair boursouflée séparant deux yeux rougeoyant de colère.
    Le reste du corps de Masamune était engoncé dans une armure faite d’un entrelacs de lanières de cuir qui donnaient la malsaine impression d’avoir été retirées il y a peu de la carcasse d’un animal. Outre cette tenue excentrique, Klahos remarqua l’arsenal que Masamune portait un peu partout : des couteaux et des étoiles de jets fixés en bandoulière, une arbalète de poing sur l’avant-bras gauche, quatre dagues à la ceinture et trois rouleaux de parchemins sur la cuisse droite.

    - T’es sûr d’avoir tout ce qu’il te faut ? se moqua Klahos. Il doit bien rester une place pour une babiole ou deux…
    - J’ai fait l’erreur de te sous-estimer, répondit Masamune en se plaçant en position d’attaque, cela ne se reproduira pas.
    - Et voilà qu’il recommence avec ses grandes phrases !

    Et les deux assassins se jetèrent l’un sur l’autre.
    L’écho des lames s’entrechoquant se réverbéra dans la pièce donnant l’impression que les deux duellistes se trouvaient partout à la fois.
    Leurs mouvements étaient si rapides que Spatalos, toujours assis de manière inconfortable sur sa chaise, eut toutes les peines du monde à les suivre. Il vit cependant Masamune se fendre sur sa droite dans le but de trancher la jambe de Klahos à mi-cuisse mais ce dernier bloqua et enchaîna par un coup de pied porté à la mâchoire. Quelques dents volèrent. Néanmoins, Masamune ne s’arrêta pas. Il tendit son bras gauche et tira trois carreaux qui allèrent se ficher dans l’épaule droite de Klahos. Dans un grognement de douleur, celui-ci bondit en arrière et, une fois à distance de sécurité, retira rageusement les traits avant de les jeter par terre.
    Il saignait abondamment et semblait avoir le souffle court.
    De sa main valide, il sortit une poignée d’herbes d’une petite bourse à sa ceinture et la porta à sa bouche. Klahos mastiqua rapidement puis appliqua la mixture verdâtre directement dans le trou sanguinolent.
    Il poussa un cri lorsqu’une volute de fumée s’éleva dans les airs. La peau et les muscles crépitèrent en se reformant. La plaie cautérisée, Klahos testa la souplesse de son bras puis, satisfait, replongea dans la bataille.
    De son côté, Masamune n’avait pas bougé. Laisser son adversaire se soigner ne pouvait que faire durer le combat plus longtemps. Après tout, ce n’était pas tous les jours qu’il avait en face de lui quelqu’un à sa mesure. Quand il vit Klahos charger à nouveau, il s’autorisa même un sourire de joie – chose qui ne lui était pas arrivé depuis des temps immémoriaux -.
    Klahos lança son épée gauche avec tant de force qu’elle émit une plainte déchirante en fendant l’air pour se planter dans le sternum de Masamune. Ne voulant pas lui laisser une seconde de répit, Klahos sauta et avant et enfonça le pal d’un coup de genou tout en abattant sa deuxième épée sur le cou de Masamune. L’arme mordit jusqu’au pectoral gauche, un sang blanc épais comme de la crème aspergeant les environs à mesure que muscles et tendons cédaient telles des brindilles.
    Cependant, alors que Klahos se réceptionnait avec souplesse, il constata avec horreur que son ennemi était toujours debout et regardait tranquillement. Cédant à la panique, il s’empara d’une des dagues de Masamune et lui perfora la trachée avec.
    Mais le monstre refusait de mourir. Les coups plurent encore et encore, rendant le sol poisseux du sang versé mais inlassablement les plaies se refermaient.
    Bientôt, l’initiative changea de camp. Masamune, qui avait jeté au loin les épées que Klahos avait laissées dans son corps, se fendit et visa l’abdomen. L’attaque fut déviée de justesse et ne laissa qu’une égratignure sur le flanc de l’assassin. Klahos para ou esquiva au mieux les assauts suivants à l’aide de la dague volée mais l’allonge réduite de l’arme ne lui permettait pas de contre-attaquer. Si la situation perdurait ainsi, il se retrouverait rapidement acculé et cela en serait fini de lui.
    La rage au ventre, Klahos laissa échapper un grognement primal en s’accroupissant pour éviter une botte horizontale car, à cet instant précis, il vit l’occasion qu’il attendait. L’ouverture qui lui était offerte lui permettait de porter une ultime attaque, une technique désespérée qui le laisserait à la merci de son adversaire si elle venait à échouer.
    Les anciens maîtres disaient que chaque être vivant était parcouru d’une énergie vitale plus ou moins importante qui régissait le fonctionnement du corps et de l’esprit. Celui qui savait être à l’écoute de cette énergie pouvait apprendre à la canaliser et la modeler pour l’expulser hors de son enveloppe charnelle en une vague dévastatrice. Seuls les plus grands pouvaient utiliser cette technique de libération sans se mettre en danger et malheureusement, Klahos n’en faisait pas partie.
    Il focalisa néanmoins son esprit sur son corps jusqu’à en sentir la moindre parcelle puis alla au-delà de la matière pour atteindre le flux divin qui s’écoulait telle une rivière paisible. Il occulta les informations envoyées par ses sens et concentra son attention sur ce qu’il avait à faire. Bientôt, par la force de sa volonté, le ru devint fleuve, le fleuve devint torrent. Et quand le torrent se mua en tsunami, Klahos libéra les forces élémentaires qu’il avait réveillées.
    Plus vite qu’aucun être vivant n’en fut capable, il plaqua la paume de sa main droite contre le buste de Masamune. Le flanc de celui-ci explosa littéralement en répandant des lambeaux de chairs et des esquilles d’os de partout.
    Dans un élan de souffrance épouvantable, Klahos sentit son corps céder sous la pression. Ses muscles se déchirèrent puis rompirent. Ses organes se crispèrent jusqu’à se tétaniser. Une coulée de sang sinua de la commissure de ses lèvres, suivit les vallons de son visage puis dévala son menton crasseux. Il observa la chute de son fluide vital dont chaque goutte qui touchait le sol produisait pour lui un son distordu et étouffé.
    Finalement, Klahos s’effondra. Son cœur venait de cesser de battre.
    Spatalos se releva difficilement en faisant bien attention à ne pas prendre appui sur sa jambe blessée. L’onde de choc de l’attaque de Klahos l’avait projeté contre le mur avec tant de force qu’il en ressentait encore la rémanence jusqu’aux tréfonds de son être.
    Le seigneur de Verteron fut sidéré de voir celui qui s’était dressé pour le protéger gésir face contre terre mais bien plus encore de constater que son adversaire était encore vivant.
    Avachi contre le mur d’en face, Masamune était à l’agonie.
    La partie inférieure de son tronc avait été remplacée par un trou béant d’où s’échappaient humeurs et fragments d’os. Un observateur extérieur aurait même pu voir son cœur battre à travers ce qu’il restait de ses côtes ravagées.
    Masamune savait pertinemment qu’il ne devait sa survie qu’au lien symbiotique qu’il entretenait avec son arme maudite. Mais chaque chose a ses limites et ses facultés de régénération avaient atteint les leurs.
    Heureusement, il lui restait une solution de secours. Il prit l’un des rouleaux de parchemin sur sa cuisse et le déroula d’une main avant de l’appliquer sur sa blessure. Nourries par le sang versé, les inscriptions se mirent à luire puis une créature infecte apparue aux pieds de Masamune.
    C’était un croisement entre une sangsue et un mille-pattes dont la peau noire squameuse semblait luire d’une aura malveillante. La chose, de la taille d’un hamster, leva sa tête dépourvue d’yeux et ouvrit grand une gueule couverte d’aiguillons d’où suintait un liquide visqueux rosâtre.
    Aussitôt, la bête se jeta avidement sur Masamune qui hurla alors qu’elle lui fouraillait les entrailles. Mais, en un instant, la douleur s’estompa quand la sangsue se désagrégea pour remplacer les tissus manquants, comblant ainsi la plaie jusqu’à ne laisser qu’une cicatrice de plus sur un corps qui en était couvert.
    Masamune se dirigea ensuite d’un pas chancelant vers Klahos et se figea au dessus de sa dépouille. Il resta immobile, hésitant sur la marche à suivre. Il était tentant de laisser son épée s’abreuver de l’expérience de l’assassin afin qu’elle aille s’ajouter à celle de tous ceux qui l’ont précédé mais, d’un autre côté, agir de la sorte le priverait d’un adversaire inestimable.
    Il en était encore à se perdre en conjectures lorsque Masamune reçut de plein fouet la chaise que Spatalos lui avait lancé au visage.

    - T’es venu pour ça, hein, pourriture ? cracha Spatalos en brandissant la stigma de Khalell. Je te la donne si tu le laisses tranquille.

    Les yeux de Masamune s’illuminèrent de compréhension. Compréhension de ce que le daeva lui proposait mais surtout d’avoir oublié l’objet de sa mission au profit d’un combat excitant mais finalement inutile.

    - J’accepte votre offre, répondit-il donc en remettant son épée au fourreau.

    La garde de la citadelle entra à grand fracas au moment où la pierre passa de mains en mains. Les daevas se bousculaient presque pour être le premier à porter secours à leur maître. Néanmoins, leurs ardeurs furent tempérées à la vue du carnage ce qui permit à Masamune de disparaître dans un linceul d’ombres.

    - Vous allez bien Monseigneur ? demanda un garde dont le visage était mangé par des tâches de rousseur.

    Pour toute réponse, le daeva reçut un coup de poing en pleine mâchoire qui le projeta au sol.

    - Bande d’incapables ! Pourquoi n’êtes-vous pas arrivés plus tôt ? fulmina Spatalos.
    - Mais… balbutia le pauvre soldat. Mais Monseigneur… nous ne pouvions pas… une magie nous empêchait de…

    Spatalos n’écoutait déjà plus. Il se tourna vers le reste des gardes et aboya ses ordres :

    - Allez me chercher les prêtres du temple ! Cet homme a besoin d’aide de toute urgence !

    Tous suivirent du regard la direction indiquée et virent Klahos inanimé.

    - Monseigneur ! Il s’agit du meurtrier des gens de notre citadelle ! clama une voix anonyme dans la masse. Nous ne pouvons…
    - Cet homme est innocent ! Nous l’avons accusé à tort. Il a donné sa vie pour moi alors ne discutez pas et bougez-vous le cul, c’est un ordre !

    Un tel manquement au protocole surtout venant de Spatalos connu pour sa rigidité concernant les règles de bienséance fut comme un électrochoc qui entraîna une cavalcade désordonnée chez ses subalternes.
    Seul restait celui aux tâches de rousseur.
    Claudiquant tant bien que mal vers Klahos, Spatalos se pencha pour murmurer à son oreille.
    - Si ces imbéciles avaient ne serait-ce que le quart de ta valeur, mon ami, Elyséa serait en paix aujourd’hui…

    Spatalos ne vit pas le poignard qui se planta entre ses omoplates mais sentit très bien l’intense douleur qui le foudroya. Il se retourna pour voir le rouquin observer son œuvre avec délectation, les yeux fous plongés sur le sang qui s’écoulait de la meurtrissure.

    - Gloire au Maître de toute chose ! Gloire au Dévoreur !

    Puisant dans ses dernières forces, Spatalos tira son épée et lui fit décrire un arc de cercle qui décapita proprement le félon. Sa tête roulait encore au loin quand Spatalos sombra dans les bras du néant.


    La salle d’étude était une petite pièce encombrée d’étagères débordant de parchemins usés à force d’avoir été consultés et de livres poussiéreux. Ceux qui étaient les plus utiles s’empilaient à même le sol jusqu’à hauteur d’homme.
    Au milieu de ce savant capharnaüm, Tiel compulsait un ouvrage traitant de métaphysique quand un trouble dans la réalité se forma derrière lui.

    - Ta mission est-elle un succès ? demanda-t-il sans même se retourner.
    - Oui, Mahõtsukaï, répondit Masamune en baissant humblement la tête.
    - Parfait. Maintenant vas te purifier. Je sens sur toi la présence d’un Gaki, Klahos a dû te donner plus de mal que prévu.
    - Maître… hésita Masamune. Etions-nous obligés d’en arriver à de telles extrémités ? Klahos est un grand guerrier, il n’était peut-être pas nécessaire de lui faire subir tant de souffrances.
    - Je connais Spatalos. Les restes du mort n’auraient pas suffi à le convaincre car il se méfie de la magie. De plus, il accorde plus de valeur à l’honneur et aux capacités martiales qu’à toute autre chose. Si je voulais que Spatalos soit intimement convaincu de la bonne foi de Klahos, celui-ci devait combattre pour lui au péril de sa vie.
    - Mais j’ai dû anéantir beaucoup d’innocents pour le pousser à agir contre moi…

    Tiel referma son livre, prit la stigma dans la main de son serviteur puis se dirigea vers une fenêtre au travers de laquelle régnait le calme avant la tempête.

    - Oui, et bien d’autres mourront si ce Khalell n’arrive pas à nous débarrasser du Dévoreur.
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    Re: Aïon story

    Message  Faelyn le Mar 9 Fév - 12:42

    Lu et approuvé, comme d'habitude Very Happy



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    Inkurias
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    Re: Aïon story

    Message  Inkurias le Mar 9 Fév - 14:58

    coucou Vel et Fae ^^

    toujours aussi plaisant à lire...

    c'est bientot fini ?
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    Velorak
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    Re: Aïon story

    Message  Velorak le Mar 9 Fév - 17:02

    Reste un épisode Very Happy

    wolffire
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    Re: Aïon story

    Message  wolffire le Mer 10 Fév - 23:49

    immortellement MORTEL!!!!!
    comme d'hab!!!!!!!!

    FAUT PREPARER LE TOME 1 à 500 PAGES !!!!! Si il y en avait je l'aurai acheter et déja lu!!!

    J ADORE !!!

    j attends la suite!!!

    gkronos
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    Re: Aïon story

    Message  gkronos le Lun 15 Fév - 21:32

    Je ne suis pas un grand lecteur non plus :'( mais au vu des differents commentaires je me suis lancés.

    Le problème, c'est un peu comme la serie des 24H, on a toujours envie de voir la suite.

    C'est trés plaisant à lire. A quand l'adaptation en bande dessinée ( dans le stye des lanfeust de troll ) ca serait magique !!!

    Franchement Continu !!!! Je compte sur Toi Faelyn pour le pousser dans cette direction.

    On attend tous avec impatience la suite !!!!

    MAXI GG pour ce recit !!!

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    Re: Aïon story

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